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Carthagène, Colombie :
Approvisionnement en eau potable et assainissement pour le quartier El Pozón
Acteurs
En 1995, AgBar et la municipalité de Carthagène (représentée aujourd'hui par le maire et le bureau de participation communautaire) ont formé une coentreprise, Acuacar, pour œuvrer à El Pozón, un des districts les plus pauvres de la ville. Ses habitants sont représentés par des associations communautaires (JAL et JAC) qui ont passé des accords avec Acuacar. MPDL, une ONG internationale, a conduit des études à El Pozón sous contrat avec Acuacar, mais depuis, s'est retirée du projet. La Banque mondiale a octroyé un prêt à la municipalité pour la mise en place d'une infrastructure d'assainissement et d'approvisionnement en eau à Carthagène. Enfin, un régulateur basé à Bogotá et un groupe de défense des consommateurs, FUNICAR, sont également partie prenante dans le projet mais à moindre degré.
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Description du projet
Le projet pilote d'El Pozón comprend différents aspects : i) enquêtes au sein des communautés, ii) construction de l'infrastructure, iii) campagnes d'éducation et d'information visant à encourager la participation des communautés (et par voie de conséquence à augmenter le taux de recouvrement) et enfin, iv) modifications du service à la clientèle pour encourager de meilleures relations entre l'opérateur et l'usager. Grâce au prêt de la Banque mondiale, Acuacar prévoit un premier programme d'investissement s'élevant à 2 millions de dollars US pour une transformation radicale de l'approvisionnement d'eau dans le district d'El Pozón et un second s'élevant à 4,3 millions de dollars US pour mettre en place un système d'assainissement dans toute la zone. A l'avenir, on prévoit de mettre en place un système de collecte des paiements hebdomadaire plutôt que mensuelle et d'assurer cette collecte par des antennes mobiles.
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Contexte
Depuis le début des années 90, la Colombie souffre d'une récession galopante aggravée par un conflit armé qui s'intensifie. Carthagène, en particulier, est devenue la principale destination pour nombre de réfugiés dont la présence est très importante à El Pozón. La politique de décentralisation colombienne permet aux municipalités d'avoir la responsabilité des services publics. Pendant de nombreuses années, le système d'évacuation des eaux usagées et de desserte d'eau était totalement inefficace et de mauvaise qualité. En 1994, le maire de Carthagène a donc décidé de liquider l'entreprise publique responsable de ce service et de créer, à sa place, une société d'économie mixte réunissant des capitaux publics et privés. La Banque mondiale a apporté son soutien technique à cette entreprise. En décembre 1994, à la suite d'une offre publique d'achat, l'entreprise privée Aguas de Barcelona a été choisie comme partenaire de la municipalité et une coentreprise, Acuacar, a été créée. D'autre part, la restructuration complète du système s'est heurtée à une forte opposition des syndicats. En 1995 en effet, pour rentrer dans leurs bureaux, les nouveaux directeurs d'Acuacar ont dû faire appel à l'armée pour assurer leur protection. A Carthagène, quatre maires se sont succédé en quatre ans ce qui n'a fait qu'accroître l'instabilité économique et politique de la ville. Malgré tout, depuis sa création, Acuacar a amélioré la performance du système d'eau de façon significative tout en maintenant une structure commerciale saine.
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Bénéficiaires du projet
Le chiffre total de la population d'El Pozón est estimé à environ 50.000 personnes. Nombre d'entre elles sont des réfugiés et le manque de cohésion sociale est un véritable problème qui se traduit par des fluctuations au niveau des structures du pouvoir local. Acuacar jouit tout de même d'une image de marque plutôt positive grâce à l'amélioration du service aux usagers notamment en termes d'efficacité, mais elle doit faire face à l'inimitié des politiciens locaux qui ont manifesté contre elle à plusieurs reprises.
Le réseau de canalisation en place à El Pozón était tout à fait inadéquat et un grand nombre de branchements illégaux. L'approvisionnement en eau était irrégulier et la plupart des habitants du district achetaient leur eau à des distributeurs privés non réglementés. Les autres sources d'approvisionnement, gratuites mais irrégulières et aléatoires, comprenaient les citernes d'Acuacar et l'eau de pluie en saison.
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Objectifs et structure du partenariat
L'objectif premier du projet est de régulariser l'approvisionnement d'eau et l'assainissement à El Pozón en œuvrant avec les représentants communautaires dans le cadre d'un programme expérimental pilote. Ce programme teste également l'approche tri partite pour déterminer son éventuelle réplication dans d'autres districts périurbains. Les autres objectifs comprennent : i) améliorer la qualité de vie et la santé des 50.000 personnes les plus pauvres dans le quartier d'El Pozon, au sud-est de Carthagène ; ii) mettre au point et mener des campagnes d'éducation pour une utilisation rationnelle de l'eau et recouvrir les coûts du service au moyen de subventions ; iii) former des micro entreprises avec pour mission d'aider les habitants du quartier à trouver un emploi ; iv) construire des systèmes d'aqueducs et d'évacuation des eaux usagées permettant à un service régularisé de couvrir 100% des besoins.
Les relations entre les trois acteurs du partenariat sont moins officielles et se font sous la forme d'échanges bilatéraux plutôt que par le biais d'une structure englobant les trois secteurs. Il existe une relation contractuelle entre la municipalité et l'acteur privé et les échanges se font au niveau du conseil d'administration. Une unité d'Acuacar spécialisée dans les affaires communautaires se charge des relations entre l'entreprise privée et la communauté.
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Rôles et responsabilités
Les partenaires débattent encore à propos des rôles et responsabilités de chacun. Le maire est le directeur du conseil d'administration d'Acuacar et il contribue à la prise de décision quant à l'expansion et à la planification du projet. En règle générale, le secteur public se charge de fournir et de gérer les capitaux qui proviennent du gouvernement national ou de la Banque mondiale, même si Acuacar gère le prêt de la Banque mondiale. Ce secteur a également la responsabilité d'intégrer le projet d'assainissement et d'approvisionnement en eau dans des initiatives à plus grande échelle. Le bureau de participation de la communauté quant à lui, a pour mission de mener à bien différentes initiatives et en particulier des programmes générateurs d'emploi. Depuis peu, il s'occupe aussi davantage des questions d'approvisionnement d'eau et d'assainissement. De son côté, Acuacar gère les opérations au jour le jour, est responsable de la planification et de la mise en place des plans d'expansion et soutient les campagnes d'éducation. Enfin, plusieurs groupes communautaires œuvrent avec la municipalité dans un rôle consultatif et de contrôle pour, par exemple, organiser la main d'œuvre et les collectes, aider à la mise en place des campagnes d'éducation et d'activités variées.
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Relations avec la communauté
Les échanges se font globalement entre les Juntas (groupes communautaires) et le département d'Acuacar spécialisé dans les affaires communautaires1. Ce dernier est également responsable de la gestion d'éventuels conflits avec des interlocuteurs extérieurs au projet. Des comités locaux peuvent aussi encourager la main d'œuvre communautaire, etc.
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Mode de communication et feed-back
Le fonctionnement du partenariat et la mise en place du projet ont souffert du changement constant de maire et du personnel municipal. En effet, Acuacar passe énormément de temps à établir de nouveaux contacts avec la municipalité, à organiser des réunions et des ateliers de travail pour tenir la nouvelle équipe au courant de leurs activités. En parallèle, le bureau des affaires communautaires assure une communication plus suivie avec les communautés, ceci malgré les problèmes posés par les manifestations encouragées par les politiciens locaux.
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Evolution et institutionnalisation
L'efficacité et la performance d'Acuacar ont augmenté ces six dernières années, grâce en particulier à l'amélioration du service de l'eau et à l'instauration d'un dialogue ouvert avec les usagers qui ont exprimé leur satisfaction. En même temps Acuacar a dû prendre le premier rôle au sein du partenariat de part les changements constants qui sont intervenus au sein de la municipalité. De plus, les communautés les plus défavorisées semblent de plus en plus intéresser les politiciens. Enfin, il est probablement trop tôt pour porter un jugement de valeur sur l'institutionnalisation du projet si ce n'est au niveau de l'établissement du bureau de liaison avec la communauté au sein d'Acuacar.
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Résultats
Le projet de desserte d'eau s'est terminé en juillet 2001 et à l'heure actuelle, on met en place une campagne de légalisation. Il est trop tôt pour identifier et mesurer l'impact spécifique du partenariat, celui du développement du service et en terme d'atteinte des objectifs. La création d'emploi et le nombre de branchements au service d'approvisionnement en eau et d'assainissement seront un indicateur social de la baisse de la pauvreté. Comme nous l'avons déjà vu, l'ONG et la municipalité avaient conduit plusieurs enquêtes qualitatives auprès des communautés pour connaître leurs perceptions, leurs besoins et leurs attentes ainsi que pour mesurer la demande et établir des statistiques communautaires qui puissent servir de point de départ au projet. A l'heure actuelle, plusieurs enquêtes sont mises sur pied pour déterminer le niveau de satisfaction pour chaque aspect du service.
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Points forts
Une force notoire semblerait être le niveau de compétence et de motivation du personnel de la coentreprise. De plus, le partenariat continue encore à se renforcer.
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Perspectives et transposition
Consolider les rôles et responsabilités de chacun, ouvrer pour développer les capacités de la municipalité et reconsidérer le rôle d'une ONG éventuelle sont autant d'aspects qu'il serait intéressant de développer. Il est trop tôt pour parler de réplication même si Acuacar s'intéresse de très près à cette éventualité.
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Enseignements généraux
On pourrait tirer les enseignements généraux suivants
- une très forte rotation des employés du secteur public et de constants changements dans les priorités de la municipalité ont un impact déstabilisant. (La stabilité et la constance des partenaires est en effet un paramètre primordial
- les aspects opérationnels de la coentreprise risquent d'empêcher une claire définition des responsabilités de chacun
- un déséquilibre du pouvoir entre les partenaires peut nuire à un partenariat équitable
- il est important que les leaders locaux s'investissent dès le début ce qui serait possible en encourageant l'autonomie des communautés, la formation et l'augmentation de leurs capacités.
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(Dernière mise à jour : 02 novembre 2001)
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